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La boucherie Breughel respecte le lien avec la nature et l'animal

l'abattage et la vente se font en fonction de ce qui est pret chez l'eleveur

Slagerij Breughel

Le 10 janvier 2004, Bart Callens et Annelies Clincke ont ouvert leur boucherie au dĂ©but de leur vingtaine. Plus de 15 ans plus tard, ce commerce du centre de Wingene est une boucherie de qualitĂ© impressionnante, spĂ©cialisĂ©e dans la viande maturĂ©e. Son secret? C'est un endroit oĂč l'on respecte le lien avec la nature, ce qui permet d'obtenir la meilleure qualitĂ© et le meilleur goĂ»t. Aujourd'hui, le local est omniprĂ©sent. Mais Bart et Annelies ont toujours travaillĂ© avec des Ă©leveurs de la rĂ©gion. Et qu'en est-il de l'avenir? “Il y aura toujours une place pour une boucherie de qualitĂ©, mĂȘme si on mange moins de viande.“

Marie Verhulst - 1 septembre 2020

Un bon depart

Bart Callens: “Nous nous sommes retrouvĂ©s Ă  Wingene par hasard. Lorsque nous sommes tombĂ©s sur ce bĂątiment et que la boucherie existante Ă©tait Ă  reprendre, nous n'avons pas hĂ©sitĂ© Ă  franchir le pas. La boucherie avait Ă©tĂ© rĂ©novĂ©e rĂ©cemment. On pouvait donc s'y installer immĂ©diatement. MĂȘme si Annelies et moi n'avions que 23 ans, cela ne nous a pas empĂȘchĂ©s de nous lancer. Bien sĂ»r, le contexte a Ă©tĂ© dĂ©terminant. On ne peut pas s'aventurer comme ça dans l'ouverture d'une boucherie.“

Annelies: “Le week-end d'ouverture s'est trĂšs bien passĂ© et les choses ont continuĂ© dans la mĂȘme veine. En fait, nous avons eu un trĂšs bon dĂ©part en tant que jeunes entrepreneurs. Depuis le dĂ©but, nous avons une entreprise qui fonctionne bien. C'est le rĂȘve pour toute boucherie dĂ©butante.“

Un solide bagage

Bart: “J'ai eu la chance de travailler dans quelques boucheries de bonne rĂ©putation (Bart a notamment travaillĂ© au Cassoulet, Ă  Waregem). GrĂące Ă  ce solide bagage, je savais dĂ©jĂ  plus ou moins quels produits se vendent bien et comment gĂ©rer certaines choses intelligemment.“

gerijpt vlees

Lien avec l'histoire

Bart: “Notre boucherie ne s'appelle pas “Chez Bart et Annelies“ mais Slagerij Breughel. Nous avons pensĂ© qu'il Ă©tait important de faire un lien avec l'histoire de Wingene. Autrefois, il y avait une grand cortĂšge Breughel avec des gĂ©ants sillonnant les rues. Nous aimons y faire rĂ©fĂ©rence avec nos produits. Nous appelons nos saucisses sĂšches Dulle Grietjes, du nom d'un des gĂ©ants de la procession.“

Une passion pour la viande

Annelies: “Bart a une formation de boucher mais moi, je suis arrivĂ©e dans le mĂ©tier par hasard. Je faisais des Ă©tudes de sport quand j'ai rencontrĂ© Bart et je l'ai rapidement suivi dans la boucherie. Je ne l'ai jamais regrettĂ©!

Bart: “Nous sommes tous les deux passionnĂ©s par la viande de qualitĂ©. TrĂšs jeune, j'ai su que je deviendrais boucher. La viande est un si beau produit Ă  travailler au quotidien. DĂ©couper les carcasses de la tĂȘte Ă  la queue pour ensuite les transformer en viande fraĂźche et en plats prĂ©parĂ©s ... cela procure tellement de satisfaction.“

Apposer sa patte

Bart: “AprĂšs quelques annĂ©es de travail, nous avons commencĂ© Ă  apposer notre patte sur nos produits et Ă  mettre de plus en plus en valeur notre individualitĂ©. Avant, il nous arrivait d'acheter des choses toutes faites. Aujourd'hui, nous faisons tout nous-mĂȘmes. Chaque produit de mon comptoir doit porter notre patte. Je tire une grande satisfaction de la crĂ©ation de nouveaux plats du jour et de l'intĂ©gration de ma viande dans ces plats“.

winkel

Races et eleveurs locaux

Bart: “TrĂšs vite, j'ai cherchĂ© les meilleures races de bĂ©tail. Depuis dix ans, ma race bovine est la Blonde Aquitaine. Au dĂ©but, c'Ă©tait trĂšs exceptionnel. Presque tous les bouchers vendaient du bƓuf blanc-bleu. Mais comme je n'en Ă©tais pas toujours satisfait, j'ai commencĂ© Ă  chercher d'autres fournisseurs et depuis, j'achĂšte directement Ă  l'Ă©leveur.“

Annelies: “Nous prĂ©fĂ©rons Ă©galement travailler avec des producteurs locaux pour nos autres viandes. Nous travaillons exclusivement avec Duroc d'Olives pour notre porc.”

Etape suivante: la viande maturee

Annelies : “Il y a environ six ans, nous avons entiĂšrement modifiĂ© le magasin. Outre l'intĂ©rieur, toute la façade a Ă©tĂ© transformĂ©e afin d'attirer le regard.“

Bart: “En plus de la rĂ©novation complĂšte, nous avons investi dans une armoire de maturation et un grand frigo de maturation dans l'atelier. Cela faisait dĂ©jĂ  un certain temps que je m'intĂ©ressais Ă  la maturation. J'avais attrapĂ© le virus. Nous avons commencĂ© Ă  chercher toutes sortes de races pour remplir les armoires de maturation. J'ai maintenant de la Holstein, de la Simmenthar, de la Charolaise, de l'Aubrac, de la Partenaise, de la Salers et de la rouge de Flandre occidentale.

Expérimentations

Bart: “Je n'ai jamais suivi de formation ou de perfectionnement sur la maturation de la viande. C'est en expĂ©rimentant que j'ai le plus appris. Aujourd'hui, je peux dire avec fiertĂ© que je suis devenu une vĂ©ritable rĂ©fĂ©rence dans ce domaine et que j'en ai fait ma spĂ©cialitĂ©. Beaucoup de gens viennent de loin pour ma viande maturĂ©e.“

Au rythme de la nature

Annelies: “Non seulement nous nous efforçons d'offrir Ă  nos clients la meilleure qualitĂ© mais en plus, nous avons un grand respect pour la nature. Par exemple, l'Ă©leveur nous informe lorsqu'un animal est prĂȘt pour l'abattage.“

Bart: “C'est comme les North Sea Chefs. Ils prĂ©parent le poisson que le pĂȘcheur a pĂȘchĂ©. Eh bien moi, je ne vends que la viande que l'Ă©leveur a prĂ©parĂ©e. Mes clients le savent.

Parfois, on me demande si je pourrais avoir un certain type de viande de bƓuf pour une fĂȘte. Mais je rĂ©ponds toujours que je ne peux pas le garantir. Je pense que c'est la seule bonne façon de travailler pour l'ensemble de la chaĂźne alimentaire.“

Annelies: “C'est exactement pour cette raison que nous ne fournissons pas les restaurants. En effet, ils doivent toujours pouvoir compter sur une certaine continuitĂ©.“

Bart: “De plus, je prĂ©fĂšre prendre soin de mes propres clients. Mes clients passeront toujours en premier.“

“Ce n'est pas parce qu'une chose est la mode qu'il faut la suivre aveuglement. Si ça ne cadre pas avec ma vision, je m'abstiens. C'est pour ca que je n'embraye pas sur la tendance vegetarienne“ - Bart Callens

meilleur pour l'homme et l'environnement

Bart: “C'est aussi une façon de procĂ©der beaucoup plus saine pour l'homme et l'environnement. Les animaux qui sont Ă©levĂ©s de maniĂšre non forcĂ©e produisent une viande plus saine. Le fait que nous choisissions des Ă©leveurs locaux signifie Ă©galement que le transport est quasiment inexistant. Et je travaille la viande que je reçois de la tĂȘte Ă  la queue. Rien ne se perd. C'est ma façon d'honorer l'animal, afin qu'il ne soit pas mort pour rien.“

Annelies: “Nous nous prĂ©occupons de l'environnement. La viande rouge n'a pas une bonne rĂ©putation en raison de son impact sur l'environnement. Nous, nous savons trĂšs bien d'oĂč vient notre viande et comment les animaux ont vĂ©cu. Nous le communiquons Ă  nos clients. J'ai l'impression que le consommateur commence Ă  le comprendre de mieux en mieux.“

Bart Callens

Emballage

Annelies: “Avant mĂȘme que les sacs en plastique soient interdits, nous les avons abandonnĂ©s. Au dĂ©but, nous avons peut-ĂȘtre rencontrĂ© une certaine opposition mais quand on a une vision, il faut s'y tenir. Nous avons Ă©galement notre propre centrale hydrogĂšne pour produire notre Ă©lectricitĂ©. Ainsi, nous sommes presque 100% autonomes sur le plan Ă©nergĂ©tique.“

Suivre sa voie, pas les tendances

Bart: “J'ai dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi de ne pas embrayer sur la tendance vĂ©gĂ©tarienne. La seule chose qu'on peut parfois trouver dans notre comptoir est une salade ou des pĂątes vĂ©gĂ©tariennes. Mais il n'y aura jamais de burger vĂ©gĂ©tarien. Je pense qu'un boucher ne doit s'occuper que de la viande. Si l'on veut des produits vĂ©gĂ©tariens, les supermarchĂ©s en ont plein. Mes clients ne sont guĂšre intĂ©ressĂ©s par ce genre d'assortiment. Je prĂ©fĂšre garder de la place dans mon comptoir pour les produits destinĂ©s Ă  l'amateur de viande, que je soutiens pleinement. Ce n'est pas parce qu'une chose est Ă  la mode qu'il faut la suivre aveuglĂ©ment. Si ça ne cadre pas avec Ă  ma vision, je m'abstiens.“

Booster les plats préparés

Annelies: “Ce qui a fortement Ă©voluĂ©, ce sont les plats prĂ©parĂ©s. Nous vendons des plats prĂ©parĂ©s et des salades depuis le dĂ©but mais notre gamme n'a cessĂ© de s'Ă©largir. Nous l'avons vu fortement Ă©voluer ces 16 derniĂšres annĂ©es. Les plats prĂ©parĂ©s sont parfaits pour ceux qui n'ont pas le temps de cuisiner (et c'est le cas de beaucoup de gens, de nos jours). Depuis la rĂ©novation, nous avons investi dans un comptoir rĂ©frigĂ©rĂ© situĂ© Ă  l'entrĂ©e. Cela a Ă©galement boostĂ© notre vente de plats prĂ©parĂ©s.“

“le sport fait de moi un meilleur entrepreneur”

Annelies: “Nous sommes tous les deux sportifs. Le sport est donc devenu une passion irrĂ©pressible. Nous aimons participer Ă  des triathlons en Belgique et Ă  l'Ă©tranger. Nous avons vraiment besoin de cette soupape d'Ă©chappement. Pour nous, il y a une vie en dehors de la boucherie.“

Bart: “Je crois mĂȘme que le sport fait de moi un meilleur entrepreneur. AprĂšs le sport, j'ai beaucoup d'Ă©nergie pour travailler dans mon atelier. Il est aussi trĂšs important de sortir de ses quatre murs. La vie ne se rĂ©sume pas Ă  tenir un commerce et Ă  travailler.“

“Nous avons un grand respect pour la nature. Ainsi, l'eleveur nous informe quand une bete est prete pour l'abattage. C'est la seule facon correcte de proceder“ - Bart Callens

Une boucherie pour tous

Annelies: “Nous avons un mix variĂ© de clients. On ne peut pas faire de profil prĂ©cis. La seule chose qu'ils ont en commun, c'est qu'ils souhaitent tous une viande de qualitĂ©. Nous ne voulons pas nous profiler comme la boucherie de la haute sociĂ©tĂ©, nous sommes une boucherie pour tous!”

livraison a domicile

Bart: “Il y a environ deux ans, nous avons commencĂ© Ă  livrer Ă  domicile. Le but Ă©tait de servir les clients moins mobiles ou ceux qui ne trouvent pas le temps d'aller au magasin sans devoir ouvrir une deuxiĂšme boucherie.“

Beaucoup de nouveaux clients

Annelies: “Pendant la crise du corona, les livraisons ont eu un franc succĂšs et nous ont apportĂ© de nouveaux clients. L'avantage Ă©tait que la boutique en ligne Ă©tait dĂ©jĂ  pleinement opĂ©rationnelle et que nous avions dĂ©jĂ  corrigĂ© toutes toutes les erreurs de dĂ©butant. Nous avons donc Ă©largi notre zone de livraison afin de pouvoir servir encore plus de clients.“

Service supplémentaire

Bart: “Nous considĂ©rons la livraison Ă  domicile comme un service supplĂ©mentaire. Nous n'allons pas continuer Ă  investir dedans et Ă©largir notre zone de livraison. C'est nous qui effectuons les tournĂ©es. ll faut que cela reste faisable sans devoir faire appel Ă  quelqu'un d'autre.“

slagerij Breughel

EQUIPE FIDELE

Bart: “Aujourd'hui, notre Ă©quipe se compose de trois vendeuses, un boucher fixe, une personne qui vient donner un coup de main quelques jours par semaine et quatre Ă©tudiants le week-end. Nous sommes une Ă©quipe trĂšs soudĂ©e et l'ambiance est toujours bonne. C'est trĂšs important. Le personnel passe beaucoup de temps ici. Si l'ambiance est mauvaise, il viendra travailler avec des pieds de plomb. Lorsque je recrute de nouveaux collaborateurs, je commence toujours par voir s'il s'agit d'une personne agrĂ©able. Car quel est l'intĂ©rĂȘt de quelqu'un qui travaille bien mais qui est tout le temps de mauvaise humeur?

Annelies: “On entend souvent dire qu'il est difficile de trouver du personnel et surtout de le garder. Nous avons la chance de ne pas connaĂźtre ça et d'avoir du personnel qui travaille ici depuis dix ans ou plus. NĂ©anmoins, je suis convaincue qu'en tant que patron, on joue un rĂŽle majeur Ă  cet Ă©gard. Si on est flexible, on peut attendre la mĂȘme chose du personnel. Il est certain que dans la sociĂ©tĂ© actuelle, il faut absolument tenir compte des passions, de la situation familiale et du temps libre des employĂ©s.“

Reves d'avenir

Bart: “Pour l'avenir, nous rĂȘvons de pouvoir continuer comme ça. C'est un dĂ©fi quotidien de maintenir le niveau du magasin et des produits. Il faut rester vigilant chaque jour. En outre, je suis convaincu que le boucher existera toujours, les gens continueront certainement Ă  manger de la viande. J'espĂšre que la tendance consistant Ă  consommer moins de viande mais Ă  opter davantage pour la qualitĂ© et le local va se poursuivre. Car alors, on peut ĂȘtre sĂ»r qu'il y aura de la place pour la boucherie de qualitĂ© d'aujourd'hui et de demain.“ 

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